vendredi 23 février 2018

Cou-tors



          
    Il hante les rues, quasimodo libertaire,
    révolutionnaire, vivant dans la misère
    poussant son char sous les marchés couverts.
    Une histoire comme sorti d'un conte populaire
    que la ville a avalée, les gens oubliée.

    Enfant mon grand-père l'a peut-être croisé
    dans ces vieux quartiers où flotte son empreinte. 
    devenu vieux il chantait assis place du Peuple 
   "dansons la farandole, vive le son, vive le son!
    dansons la farandole, vive le son du pognon!"
    

Le 23 aout 1837, naissance d'Etienne Faure dit Cou-Tors à Saint -Etienne qui sera militant anarchiste
et membre de la Commune Stéphanoise. Il meurt  le premier février 1911

http://1968-73saint-etienne.over-blog.com/2016/04/cou-tors.html



jeudi 15 février 2018

Mémoire


Caroline Remy dite Séverine (1855-1929), écrivain et critique ("Le Cri du Peuple", "La Fronde" et "l'Humanité" )

            elle parle de ma ville
           la misère enfouie sous le bitume
           les mines effondrées
           
           la ville bouge sous mes pieds
           ce n'est plus moi qui marche                                       c'est elle qui m'emmène somnambule
           dans cette mémoire enfouie
           dans le nom des rues
            
           les vieilles façades
           les estaminets sombres
           les traboules noires 
                     
                        je ne marche pas
           la ville marche en moi



https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/hommage-a-severine-a-loccasion-du-100eme-anniversaire-de-sa-naissance

Séverine, de son vrai nom Caroline Rémy, née en 1855 à Paris et morte en 1929 fut une écrivaine, journaliste libertaire et féministe française. En 1955, à l'occasion du centenaire de sa naissance, la chaîne nationale lui rendait hommage.  Sa petite-fille, Jeanne Witta la décrivait ainsi :
Ma grand-mère Séverine, élue en son temps princesse du journalisme aurait aujourd'hui 100 ans. Un quart de siècle de labeur acharné, de luttes quotidiennes contre l'iniquité, l'égoïsme, la misère lui ont acquis à la fin du siècle dernier un renom universel. Aujourd'hui il ne nous reste plus d'elle qu'une tombe de granit rose au cimetière de Pierrefonds sur laquelle sont gravés ses mots : "J'ai toujours lutté pour la paix, la justice et la fraternité". Un nom sur quelques plaques de rues ou des squares et des souvenirs...

 Ses deux petites filles Jeanne Witta et Denise Chanal racontaient son combat comme journaliste contre l'injustice sociale. Jacques Prévert lisait quelques fragments des articles écrits par Séverine aux moments des accidents de Mines à Saint-Etienne, ainsi que des textes sur des grèves et revendications ouvrières de l'époque.

jeudi 8 février 2018

ouverture






                                         les mots se libèrent
              ils sortent de la boite en fer
              ils ouvrent leurs ailes

              au fond de la boite
              Venise déroule ses canots
              reflets émouvants

              les mots de Laura
              déposés secrets pliés 
              un temps accompli


mercredi 31 janvier 2018

lettre à un ami philosophe




                 Cher Hévèl,


une seule chose est nécessaire aujourd'hui, et puisque vous m'avez invité à le faire je vous partage mes états d'âme en ce jour d'automne, où il y a encore des vents qui agitent les arbres et surtout le grand tilleul devant la maison, celui qui fait un bruit de mer. Vous m'avez dit qu'une seule chose comptait, c'est d'aller vers soi-même, de suivre ce fil qui nous mène, non vers une compréhension de nous-même mais vers une déconstruction. Se voir comme une image de kaléidoscope, mouvante, énigmatique. La compréhension, ce n'est pas nous qui la faisons, elle se fait à notre insu, en ces jours de traverse où le chaos semble l'emporter, on est comme ces feuilles volant au vent d'automne et qui se rassemblent en tas éphémères, qui se font et se défont, mais tout n'est que pâture de vent n'est-ce pas! Un désespoir sans fond nous étreint parfois, quand il faut se résoudre au non-sens de la vie, que la peur nous déchire tant qu'elle pourrait nous ouvrir en deux! ou le désir! On veut la vie parce qu'elle nous veut, bien sûr! mais ce passé qui pèse sur nos épaules, comment le déposer alors qu'il nous constitue? Ces êtres du passé vivent en nous, disiez vous, nos différents êtres qu'on a laissés au bord de la route, il y a un moment où on les regarde avec tendresse, sans les juger. Mon cher Hévèl comme vous le voyez je ne suis pas encore proche de la béatitude mais j'y oeuvre un peu! mes échanges avec vous m'y aident, et il y a aussi ce monde que vous portez lorsque vous parlez, lorsque vous écoutez et qui ouvre des portes, des horizons encore ignorés. Le chemin est peut-être long et laborieux mais il n'est pas vain, il est en lui même source de joie et  il me tarde de reprendre nos promenades le long de la Loire!

                   Estourelle


PS: ce mois fut long et triste et l'écriture aussi m'a désertée, mais je vais reprendre les haïkus, ces fleurs de neige qui volent dans les nuages et qui vont où le vent les mène...cette poésie de l'instant, cette poésie de la brume qui dit si bien la relativité du temps...le désir vain...l'avenir incertain... 
                          

                     



jeudi 25 janvier 2018

Chercher le vrai






"Trouver le vrai,c'est un long long chemin et souvent c'est très douloureux, c'est un chemin qui entraîne beaucoup de perturbations parce qu'en fait c'est un travail de destruction de tout ce qui en nous est factice et faux et qu'on a reçu comme ça au cours de l'enfance, de l'adolescence. Etre vrai c'est arriver à être soi-même, arriver à avoir une grande lucidité sur soi pour tenter de dépasser ce qu'on peut appeler le moi, le foyer de l'égocentrisme. C'est par des dépouillements successifs, des métamorphoses qu'on en arrive peut-être à se trouver soi."

Charles Juliett, Dernier tome de son joural:
Gratitude




jeudi 18 janvier 2018

vendredi 12 janvier 2018

Résister




Paul Auster à Brooklyn, décembre 2006



Paul Auster dans l’entretien au long cours qu’il a donné à la revue America. « La démocratie n’est jamais
totalement acquise », rappelle-t-il. Celui qu’il nomme N°45 pour ne pas avoir à prononcer le nom du président des Etats-Unis a été élu avec trois millions de voix en moins que son adversaire démocrate, du fait de la loi électorale américaine : « quand on regarde le Wisconsin, la Pennsylvanie et le Michigan, Hillary Clinton perd de soixante-dix-huit mille voix. Ce qui représente le nombre de personnes présentes dans un stade lors d’un match de football américain… » Sur un total de cent vingt millions de votes, « un stade de foot nous a fait basculer sous le règne de N°45 ». Dès lors, la machine à « démanteler le système en place » s’est mise en route : « le ministre de la Santé ne croit pas en l’assurance maladie, la ministre de l’Éducation ne croit pas en l’école publique, l’Agence pour la protection de l’environnement nie le réchauffement climatique », un terme qui « n’est même plus autorisé à l’Agence »… Mais pour l’écrivain, c’est depuis les années 60 que « nous faisons marche arrière ». Car « au fil des ans quelque chose de fondamental a changé : ce que représente l’Amérique à nos yeux. Nous avons toujours cru que nos institutions étaient solides. » Et le « cycle populiste » que l’on voit se confirmer dans toutes les grandes démocraties dénote une perte de confiance dans ces institutions, alimentée par une « colère » sans objectif clairement assigné. En ce qui concerne son pays, Paul Auster estime que ce sont les années Reagan qui « ont irrémédiablement inversé la façon dont on pense le gouvernement en Amérique ». C’est pourquoi il insiste sur le bilan d’Obama, même s’il est réservé sur sa politique internationale : « Sous son double mandat, il n’y a pas eu un seul scandale, pas un seul cas de corruption, pas une seule accusation. Cela suffit à faire de lui un président 
extraordinaire. » 
Par Jacques Munier

Nouveau roman de Paul Auster: 4321 Actes Sud